<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Les &#xe9;diteurs</title><link>http://lesediteurs.canalblog.com/</link><description>Un feuilleton dont l&apos;intrigue se d&#xe9;roule dans une maison d&apos;&#xe9;dition parisienne</description><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 12 Nov 2009 10:51:19 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>A quand la saison II ?</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/09/23/2747638.html</link><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/09/23/2747638.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2747638/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/09/23/2747638.html</guid><description>&lt;p&gt;Bonjour chers lecteurs,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A nouvelle saison, nouvelle fa&#xe7;on : cette fois, j&apos;ai d&#xe9;cid&#xe9; d&apos;&#xe9;crire enti&#xe8;rement la saison avant de vous la livrer &#xe9;pisode par &#xe9;pisode.&lt;br /&gt;Ce qui va me demander un certain temps... Mais vous serez pr&#xe9;venus par mail de la reprise des Editeurs, et replong&#xe9;s dans le bain (si vous le voulez bien) par une rubrique &quot;Personnages&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A tr&#xe8;s bient&#xf4;t !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 23 Sep 2006 21:53:52 GMT</pubDate></item><item><title>Episode 12. Samedi 30 juillet. La fin d&apos;une &#xe9;poque</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/09/03/2597393.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/09/03/2597393.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2597393/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/09/03/2597393.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Comme tous les ans, Robert commen&#xe7;ait ses vacances par une semaine &#xe0; La Baule, o&#xf9; il louait une chambre chez une dame charmante, qui &#xe9;tait presque &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;devenue&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt; une amie &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;au fil des ann&#xe9;es&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;. Il partait ensuite dix jours &#xe0; l&apos;&#xe9;tranger, le plus souvent avec un groupe et avec une th&#xe9;matique culturelle. Il passait ses derniers jours de vacances &#xe0; Paris : il faisait le tour des librairies, allait voir des vieux films dans les cin&#xe9;mas du Ve arrondissement et des expositions.&lt;br /&gt;Confortablement install&#xe9; dans son fauteuil de premi&#xe8;re classe du TGV, Robert, que les transports incitaient &#xe0; la r&#xea;verie, s&apos;accorda le temps du trajet pour repenser &#xe0; l&apos;annonce fracassante de la d&#xe9;mission de Nelly. Il n&apos;en avait pas &#xe9;t&#xe9; tellement surpris : il redoutait ce moment depuis quelques ann&#xe9;es d&#xe9;j&#xe0;. Mais il en &#xe9;tait pein&#xe9; et inquiet. Il perdait une &#xe9;ditrice, une collaboratrice, une amie... Son d&#xe9;part scellait aussi cette d&#xe9;sagr&#xe9;able affaire : Nelly partait avec le corbeau, son manuscrit et son histoire. C&apos;&#xe9;tait sans doute la meilleure issue possible. Mais pour Robert, le d&#xe9;part de Nelly marquait surtout la fin d&apos;une &#xe9;poque.&lt;br /&gt;Il se rappelait parfaitement le matin pluvieux de septembre, pr&#xe8;s de vingt ans auparavant, o&#xf9; Nelly avait d&#xe9;barqu&#xe9; dans son bureau, son dernier roman fra&#xee;chement imprim&#xe9; sous le bras. Elle lui avait ass&#xe9;n&#xe9;, sans pr&#xe9;ambule :&lt;br /&gt;&amp;quot;Ceci est mon vrai premier livre. Je n&apos;ai pas &#xe9;crit une ligne de &lt;em&gt;Envers et contre tout&lt;/em&gt;. Je te demande de me croire, et de n&apos;en parler &#xe0; personne.&amp;quot;&lt;br /&gt;Robert &#xe9;tait rest&#xe9; sans voix. N&apos;&#xe9;tait-ce pas l&#xe0; acc&#xe8;s de pudeur de la part d&apos;un jeune auteur &#xe0; quelques jours de la parution de son second livre ? Il connaissait les difficult&#xe9;s qu&apos;il y a &#xe0; rebondir apr&#xe8;s un succ&#xe8;s inaugural inattendu. &lt;em&gt;Envers et contre tout&lt;/em&gt; s&apos;&#xe9;tait remarquablement bien vendu : s&apos;il n&apos;avait pas attir&#xe9; l&apos;attention des critiques, le bouche-&#xe0;-oreille avait tr&#xe8;s bien fonctionn&#xe9;, et il avait &#xe9;t&#xe9; port&#xe9; par l&apos;enthousiasme des libraires.&lt;br /&gt;&amp;quot;Nelly, je comprends que tu sois inqui&#xe8;te, mais...&lt;br /&gt;- Robert, je &lt;em&gt;voulais &lt;/em&gt;&#xe9;crire ce premier livre. Tu ne comprends pas ? C&apos;est un miracle qui s&apos;est produit ! J&apos;essayais depuis longtemps d&apos;&#xe9;crire, et un jour, ce livre est tomb&#xe9; du ciel directement sur ma table. Un auteur me l&apos;a apport&#xe9;. Un type qui n&apos;avait jamais publi&#xe9;, qui ne jurait que par Frantard, et que j&apos;ai re&#xe7;u parce que ce jour-l&#xe0; j&apos;avais du temps. Un miracle ! Il m&apos;a apport&#xe9;... mon oeuvre. Je ne m&apos;en suis pas aper&#xe7;ue tout de suite : nous avons discut&#xe9; de son roman, de sa vie, de Frantard, et je n&apos;ai lu le manuscrit que quelques jours plus tard. A ce moment-l&#xe0;, j&apos;ai compris qu&apos;il avait &#xe9;crit ce que moi je voulais &#xe9;crire depuis des ann&#xe9;es. Bien s&#xfb;r, &#xe7;a signifiait que je n&apos;avais plus qu&apos;&#xe0; tout arr&#xea;ter. Mais je ne pouvais pas me l&apos;avouer comme &#xe7;a, du jour au lendemain. Et puis j&apos;ai appris dans le journal qu&apos;un incendie avait ravag&#xe9; un appartement et tu&#xe9; un homme quelque part boulevard du Montparnasse. L&apos;adresse me disait quelque chose. J&apos;ai v&#xe9;rifi&#xe9;. Je n&apos;osais pas y croire. J&apos;ai essay&#xe9; d&apos;appeler chez lui, la ligne &#xe9;tait coup&#xe9;e. J&apos;ai fini par appeler la police. Et voil&#xe0;. Le manuscrit venait de perdre son auteur. Tu comprends, Robert ? En une nuit, ce texte est devenu le mien. C&apos;&#xe9;tait une &#xe9;vidence !&amp;quot;&lt;br /&gt;Il &#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; trop tard pour tout avouer. Robert avait h&#xe9;sit&#xe9;, sa responsabilit&#xe9; d&apos;&#xe9;diteur &#xe9;tait mise en cause, mais les enjeux &#xe9;taient trop importants. Mieux valait se taire, prot&#xe9;ger le secret de Nelly, soutenir ce deuxi&#xe8;me livre, que d&#xe8;s le d&#xe9;but Robert avait trouv&#xe9; bien moins bon, il comprenait maintenant pourquoi et s&apos;en voulait de ne pas avoir pouss&#xe9; plus loin, et passer &#xe0; autre chose. &lt;em&gt;Pour une vie de labeur&lt;/em&gt;, le deuxi&#xe8;me livre publi&#xe9; sous le pseudonyme choisi par Nelly, s&apos;&#xe9;tait mal vendu. Cette fois, les critiques en avaient fait &#xe9;tat : pour noter la pauvret&#xe9; de l&apos;intrigue et la manque de souffle de ce deuxi&#xe8;me opus. Cet &#xe9;chec avait marqu&#xe9; la fin de la courte carri&#xe8;re litt&#xe9;raire de Nelly. Alors jeune &#xe9;ditrice, elle s&apos;&#xe9;tait concentr&#xe9;e sur ce travail et avait rapidement fait ses preuves en ce domaine.&lt;br /&gt;A la m&#xea;me &#xe9;poque, et alors&amp;nbsp; que leur liaison &#xe9;tait &#xe0; son paroxysme et donc d&#xe9;j&#xe0; en voie d&apos;extinction, Robert avait avou&#xe9; &#xe0; sa femme qu&apos;il aimait Nelly. Il ne se sentait plus capable de lui mentir et de cacher cette passion qui le d&#xe9;vorait. Sa femme l&apos;avait quitt&#xe9;, emmenant avec elle leur fille. Peu &#xe0; peu, Robert avait cess&#xe9; de voir son enfant, mais il lui &#xe9;crivait r&#xe9;guli&#xe8;rement. En 1991, apr&#xe8;s deux ans de solitude et de travail acharn&#xe9;, Robert avait obtenu le poste de directeur du bureau du livre fran&#xe7;ais &#xe0; New York. Il y &#xe9;tait rest&#xe9; cinq ans. Il commen&#xe7;ait &#xe0; envisager de faire sa vie l&#xe0;-bas quand on lui avait propos&#xe9; de prendre la direction des &#xe9;ditions Duvergne et Maloit. Il avait accept&#xe9;, par d&#xe9;fi et aussi par ennui. Il n&apos;avait appris que plus tard que Nelly y travaillait. Il avait tent&#xe9; de reprendre contact avec sa fille, &#xe0; qui il avait cess&#xe9; d&apos;&#xe9;crire quand les lettres lui &#xe9;taient revenues marqu&#xe9;es d&apos;un cruel &lt;em&gt;N&apos;habite pas &#xe0; l&apos;adresse indiqu&#xe9;e&lt;/em&gt;, sans succ&#xe8;s. Tr&#xe8;s vite, une nouvelle liaision s&apos;&#xe9;tait nou&#xe9;e avec Nelly, &#xe9;trange, au go&#xfb;t amer, qui avait dur&#xe9; moins d&apos;un an mais leur avait au moins permis d&apos;enterrer les derniers feux de leur passion et d&apos;entamer une collaboration professionnelle fructueuse.&lt;br /&gt;Maintenant, Robert devait continuer seul. En aurait-il la force, et surtout, l&apos;envie ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Fin de la saison I.&lt;br /&gt;Saison II &#xe0; venir !&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 03 Sep 2006 09:50:00 GMT</pubDate></item><item><title>Episode 11. Jeudi 28 juillet. Lui</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/21/2511713.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/21/2511713.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2511713/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/21/2511713.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&amp;quot;Non, je ne pars pas, on est toujours dans les travaux.&lt;br /&gt;- Et alors, &#xe7;a avance ?&lt;br /&gt;- L&#xe0; on est dans le carrelage, imagine la gal&#xe8;re : si c&apos;est pas bien pos&#xe9;, quand on marche dessus, on p&#xe8;te tout !&lt;br /&gt;- Excusez-moi, mesdemoiselles.&amp;quot;&lt;br /&gt;Un homme, grand, brun, t&#xe9;n&#xe9;breux, assez beau mais trop vieux au go&#xfb;t d&apos;Anna, vint&lt;br /&gt;interrompre la conversation des deux jeunes femmes.&lt;br /&gt;&amp;quot;Monsieur ? interrogea Christelle, la standardiste.&lt;br /&gt;- Je souhaiterais voir Mme Nelly Duval.&lt;br /&gt;- Vous avez rendez-vous, monsieur...&lt;br /&gt;- Non. Dites-lui que je viens la voir &#xe0; propos du manuscrit. Elle comprendra.&amp;quot;&lt;br /&gt;Quelques instants plus tard, sur un hochement de t&#xea;te de Christelle, l&apos;homme se&lt;br /&gt;dirigeait vers les ascenceurs. Anna le regarda s&apos;&#xe9;loigner, le souffle&lt;br /&gt;coup&#xe9;. Lui !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Quand l&apos;homme entra dans son bureau, Nelly &#xe9;tait en&lt;br /&gt;train de r&#xe9;diger un mail. Elle leva la main en direction de son&lt;br /&gt;visiteur avant qu&apos;il ait pu dire le moindre mot, lui signifiant ainsi&lt;br /&gt;qu&apos;il n&apos;avait qu&apos;&#xe0; attendre qu&apos;elle ait fini une t&#xe2;che autrement plus&lt;br /&gt;urgente. Lorsqu&apos;elle e&#xfb;t tap&#xe9; sur la touche &lt;em&gt;Entr&#xe9;e&lt;/em&gt;, avec une vivacit&#xe9;&lt;br /&gt;un peu trop marqu&#xe9;e qui pouvait d&#xe9;noter une certaine anxi&#xe9;t&#xe9;, elle leva les yeux vers l&apos;homme, qui&lt;br /&gt;souriait comme s&apos;il avait saisi et accept&#xe9; de bonne gr&#xe2;ce sa petite mise en sc&#xe8;ne.&lt;br /&gt;&amp;quot;Monsieur ?&lt;br /&gt;- Justin Besnard. Alias Marcel Tribaout. Alias Patricia Demongis.&lt;br /&gt;- Merci, j&apos;avais compris.&lt;br /&gt;- Mais je n&apos;en doute pas, madame. Permettez ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Il d&#xe9;signa l&apos;un des deux fauteuils dispos&#xe9;s devant le bureau de Nelly. Il portait un anneau assez voyant &#xe0; l&apos;index gauche.&lt;br /&gt;&amp;quot;Je vous en prie. Et... je vous &#xe9;coute, puisque vous &#xea;tes l&#xe0;.&lt;br /&gt;- Alors voil&#xe0; : je suis venu vous raconter mon histoire. Vu votre m&#xe9;tier, vous&lt;br /&gt;devez aimer les histoires... et comme je connais bien la v&#xf4;tre, je me&lt;br /&gt;suis dit que ce serait impoli de vous cacher la mienne plus longtemps.&lt;br /&gt;- Ben voyons.&amp;quot;&lt;br /&gt;La morgue de Nelly ne perturba pas Justin Besnard un seul instant. Il fixait son&lt;br /&gt;interlocutrice droit dans les yeux et parlait d&apos;une voix pos&#xe9;e,&lt;br /&gt;presque douce.&lt;br /&gt;&amp;quot; J&apos;ai 44 ans. Il y a vingt ans, le 13 novembre&lt;br /&gt;1986, mon fianc&#xe9;, Victor Fromentin, mourait dans l&apos;incendie de son&lt;br /&gt;appartement, 155 boulevard du Montparnasse. D&apos;apr&#xe8;s le rapport&lt;br /&gt;d&apos;enqu&#xea;te, le feu a pris dans la nuit, &#xe0; cause d&apos;une cigarette mal&lt;br /&gt;&#xe9;teinte. Nous &#xe9;tions ensemble depuis deux ans. Je&lt;br /&gt;ne vais pas vous d&#xe9;crire notre relation dans le d&#xe9;tail. Ce n&apos;est pas&lt;br /&gt;mon propos, et sait-on jamais, peut-&#xea;tre faites-vous partie de ces gens&lt;br /&gt;que la seule &#xe9;vocation des amours masculines effraie.&amp;quot;&lt;br /&gt;Nelly ne bougea pas d&apos;un cil.&lt;br /&gt;&amp;quot;Sachez seulement que Victor m&apos;a fait na&#xee;tre &#xe0; moi-m&#xea;me. C&apos;est peut-&#xea;tre une&lt;br /&gt;formule un peu pompeuse - je ne me serais jamais permis de&lt;br /&gt;l&apos;employer dans le manuscrit que vous ai fait parvenir -, mais elle r&#xe9;fl&#xe8;te parfaitement ce que&lt;br /&gt;je veux dire. Nous partagions la m&#xea;me curiosit&#xe9;... je pense pouvoir&lt;br /&gt;dire d&#xe9;vorante, pour la litt&#xe9;rature, la po&#xe9;sie, les arts en g&#xe9;n&#xe9;ral. On&lt;br /&gt;dit que si certains clich&#xe9;s ont la peau dure, c&apos;est qu&apos;ils ont un fond&lt;br /&gt;de v&#xe9;rit&#xe9;... Bref. Il &#xe9;tait l&apos;homme de ma vie. Et il est mort.&lt;br /&gt;- C&apos;est une histoire bien triste, sinc&#xe8;rement, mais que puis-je y faire ?&lt;br /&gt;- C&apos;est simple : reconna&#xee;tre publiquement que Victor Fromentin est le&lt;br /&gt;v&#xe9;ritable auteur de &lt;em&gt;Envers et contre tout&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;- Impossible.&lt;br /&gt;- Parce que vous craignez de ruiner votre carri&#xe8;re, ou parce que pour&lt;br /&gt;oublier votre faute, vous vous &#xea;tes convaincue au fur et &#xe0; mesure&lt;br /&gt;des ann&#xe9;es que vous &#xe9;tiez bien l&apos;auteur de ce livre ?&lt;br /&gt;- Vous n&apos;avez aucune preuve de ce que vous avancez.&lt;br /&gt;- Bien s&#xfb;r que non. C&apos;est vous qui &#xe9;tiez en possession du manuscrit au&lt;br /&gt;moment de la mort de Victor, et s&apos;il en a fait une copie avant de le d&#xe9;poser chez vous, ce que je pense, elle a br&#xfb;l&#xe9; dans&lt;br /&gt;l&apos;incendie. Aucune chance qu&apos;il l&apos;ait laiss&#xe9; &#xe0; d&apos;autres &#xe9;diteurs : il&lt;br /&gt;v&#xe9;n&#xe9;rait le travail de la maison o&#xf9; vous travailliez &#xe0; l&apos;&#xe9;poque, et ce&lt;br /&gt;n&apos;&#xe9;tait pas dans ses habitudes de mettre les gens en concurrence. Il&lt;br /&gt;avait par ailleurs coup&#xe9; tout lien avec le peu de famille qui lui&lt;br /&gt;restait, et s&apos;il ne m&apos;a pas parl&#xe9; de ce manuscrit, il n&apos;en a parl&#xe9; &#xe0;&lt;br /&gt;personne. Vous savez tout cela aussi bien que moi. Sinon, vous n&apos;auriez&lt;br /&gt;jamais pris le risque de le faire publier sous votre nom - ou&lt;br /&gt;plut&#xf4;t sous votre pseudonyme - quand vous avez appris que Victor &#xe9;tait&lt;br /&gt;mort dans cet incendie.&lt;br /&gt;- Votre histoire est... passionnante, tr&#xe8;s romantique, c&apos;est d&apos;ailleurs ce que je me suis dit &#xe0;&lt;br /&gt;la lecture de votre manuscrit. Et donc, si je suis bien l&apos;intrigue, vous&lt;br /&gt;&#xea;tes venu pour m&apos;accuser du meurtre de votre ami.&lt;br /&gt;- Non. Je veux que vous publiiez mon manuscrit, en m&#xe9;moire de Victor.&amp;quot;&lt;br /&gt;Nelly&lt;br /&gt;savait depuis le d&#xe9;but que c&apos;est ce qu&apos;il &#xe9;tait venu chercher. Elle&lt;br /&gt;connaissait trop bien les auteurs, quelq qu&apos;ils soient.&lt;br /&gt;&amp;quot;Je ne peux pas le publier ici.&lt;br /&gt;- Que les choses soient claires : il est hors de question que vous&lt;br /&gt;me renvoyiez sur une autre maison. Je veux que &lt;em&gt;vous&lt;/em&gt; publiiez mon texte.&lt;br /&gt;- Ecoutez-moi bien, cher monsieur : je n&apos;ai pas pour habitude de c&#xe9;der&lt;br /&gt;aux&lt;br /&gt;pressions. Si je d&#xe9;cide de publier un texte, c&apos;est que j&apos;y crois, un&lt;br /&gt;point&lt;br /&gt;c&apos;est tout. Et pas question de refiler mes p&#xe9;pites aux confr&#xe8;res. Si je&lt;br /&gt;vous dis que je ne peux pas le publier ici, c&apos;est que&lt;br /&gt;je quitte cette maison dans quelques semaines. Je viens de d&#xe9;missionner.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 21 Aug 2006 20:32:00 GMT</pubDate></item><item><title>Episode 10. Mardi 26 juillet. Rien que tous les deux</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/15/2471651.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/15/2471651.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2471651/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/15/2471651.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Bonjour tout le monde. Ceci est notre derni&#xe8;re r&#xe9;union avant la&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;mi-ao&#xfb;t. Je serai en cong&#xe9; &#xe0; partir de vendredi soir, pour deux&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;semaines. Comme d’habitude, je reste joignable sur mon portable en cas&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;d’urgence. D’abord, un tour des livres de la rentr&#xe9;e. Pour les romans,&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;tout a &#xe9;t&#xe9; livr&#xe9;. Nous sommes dans les temps par rapport aux&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;concurrents. Vous savez que nous avons avanc&#xe9; ces livraisons de la&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;rentr&#xe9;e litt&#xe9;raire pour que la presse puisse travailler bien en amont.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Je ne d&#xe9;taille pas plus, c’&#xe9;tait le sujet du dernier s&#xe9;minaire, et on&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;aura l’occasion d’en reparler. Pour le reste, documents et autres, on&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;va suivre le compte rendu. Antoine, date de la prochaine r&#xe9;union&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;commerciale ?&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Premier niveau A le 29 ao&#xfb;t, j’ai besoin des &#xe9;l&#xe9;ments le… &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Anna, &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;les yeux dans le vague, crayonnait sur son calepin comme une gamine qui&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;s’ennuie en classe. J&#xe9;r&#xe9;my lui avait fait une surprise. Il &#xe9;tait pass&#xe9;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;chez elle vendredi soir, comme convenu, mais au lieu de lui proposer&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;d’aller au restaurant ou de louer un DVD, il lui avait demand&#xe9; de&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;pr&#xe9;parer des affaires pour le week-end. &#xab; On s’en va ? &#xbb; Il l’avait&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;regard&#xe9;e les yeux brillants, excit&#xe9; comme un chien fou. &#xab; Oui, on s’en&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;va tous les deux, juste tous les deux, prends ton maillot de bain et ta&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;nuisette rose, je t’emm&#xe8;ne, ma ch&#xe9;rie… &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; … c’est un vers d’Apollinaire.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Alors on va peut-&#xea;tre avoir un probl&#xe8;me. Apollinaire est l’un des rares&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;auteurs fran&#xe7;ais morts sur le front, du coup ses œuvres ne sont pas&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;tomb&#xe9;es dans le domaine public.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- C’est Gallimard ?&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Oui, et ils n’ont pas l’habitude d’&#xea;tre tr&#xe8;s coop&#xe9;ratifs pour ce genre de choses.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Anna, vous suivez cette affaire avec Thomas ? Et vous me tenez au courant pour les droits.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Euh… oui, bien s&#xfb;r. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Anna &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;s’&#xe9;tait brusquement redress&#xe9;e, le rouge aux joues. Depuis l’autre bout&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;de la table, Emilie lui adressa un imperceptible haussement de sourcil.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Tous &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;les mardis matin se jouait ici, selon l’humeur, la saison et&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;l’actualit&#xe9;, une com&#xe9;die ou un drame en un acte. Les acteurs principaux&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xe9;taient r&#xe9;unis autour de la table, ceux de moindre importance, les&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;stagiaires et les retardataires, &#xe9;taient dispos&#xe9;s en retrait, dans un&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;deuxi&#xe8;me cercle plus &#xe9;loign&#xe9; du pouvoir. Semaine apr&#xe8;s semaine, Robert&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;prenait toujours place au m&#xea;me endroit, sa secr&#xe9;taire &#xe0; sa droite,&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Catherine, la chef de fabrication, et Antoine, le directeur commercial,&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;en face de lui. Il entrait en sc&#xe8;ne quand tous les autres protagonistes&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xe9;taient install&#xe9;s, et ouvrait les d&#xe9;bats par un &#xab; bonjour &#xbb; dont le ton&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;pouvait d&#xe9;j&#xe0; laisser pr&#xe9;sager l’ambiance de la r&#xe9;union.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Voil&#xe0;, &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;c’est tout pour aujourd’hui, bonnes vacances &#xe0; ceux qui partent, bon&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;courage &#xe0; ceux qui restent ou qui rentrent… et pas de rel&#xe2;che pendant&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;le mois d’ao&#xfb;t ! &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Nelly et Robert avaient l’habitude de se&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;retrouver &#xe0; la fin de la r&#xe9;union, pour faire le point et &#xe9;changer leurs&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;impressions. D&#xe9;sormais, Robert aurait beaucoup de mal &#xe0; travailler sans&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Nelly. Elle &#xe9;tait devenue un soutien indispensable, une oreille&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;attentive et s&#xfb;re en m&#xea;me temps qu’une inestimable conseill&#xe8;re. Elle&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;savait traiter les sujets d’inqui&#xe9;tude avec distance et froideur. S’il&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;ne l’avait pas connue intimement quand elle &#xe9;tait plus jeune, il aurait&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;pu croire qu’elle n’&#xe9;tait que pragmatisme, volont&#xe9; et solidit&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Vous faites bien de partir, Robert.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Hmm… J’ai beaucoup r&#xe9;fl&#xe9;chi avant de prendre ma d&#xe9;cision, et je ne vous cache pas que je reste un peu inquiet. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Nelly se pencha vers lui, les yeux &#xe9;tr&#xe9;cis.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Robert, je ne suis plus une gamine, s’il arrive quoi que ce soit, je saurai me d&#xe9;fendre. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Elle s’adossa &#xe0; son fauteuil et prit un air agac&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;M&#xea;me si ce type en a appris beaucoup sur nous et sur la maison, il n’a&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;aucune preuve en ce qui concerne le livre. Le reste est grotesque, vous&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;le savez aussi bien que moi. Dommage, d’ailleurs, d’un point de vue&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;strictement romanesque, &#xe7;a g&#xe2;che son manuscrit… Bon, et puis il n’a&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;rien demand&#xe9;, il veut juste nous emmerder un peu. Nous en avons discut&#xe9;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;mille fois ! Pour moi, l’affaire est close.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Pour vous, mais pas pour moi. Je ne pars pas tranquille. D’autant moins qu’on ne sait toujours pas de qui il s’agit.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Peu importe. Je ne me laisserai certainement pas impressionner. Apr&#xe8;s&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;tout, je n’ai tu&#xe9; personne… A moins que vous en doutiez ?&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Nelly ! Comment pouvez-vous… ?&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Ca va, Robert, ne montez pas sur vos grands chevaux ! &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Anna &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;et J&#xe9;r&#xe9;my avaient pris un train &#xe0; Saint-Lazare, puis un car de&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Beuzeville &#xe0; Etretat. J&#xe9;n&#xe9;rmy avait retenu une jolie chambre sur les&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;hauteurs de la ville, avec vue sur la mer. Pendant deux jours, ils&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;avaient arpent&#xe9; les falaises battues par le vent, fum&#xe9; assis sur les&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;inconfortables galets d’une petite plage isol&#xe9;e, mang&#xe9; des fruits de&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;mer, fait l’amour. Anna se sentait devenue l’h&#xe9;ro&#xef;ne d’un film des&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;ann&#xe9;es 70. Elle s’amusait &#xe0; imaginer les sc&#xe8;nes qu’elle vivait film&#xe9;es&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;de l’ext&#xe9;rieur et projet&#xe9;es sur grand &#xe9;cran. C’&#xe9;tait encore plus beau&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;ainsi.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Anna ? &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Anna sursauta. Emilie se tenait dans l’embrasure de la porte.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Ca va ? Tu as l’air compl&#xe8;tement &#xe0; l’ouest.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Ca va tr&#xe8;s bien !&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Ah ah. Et on peut savoir pourquoi, ou c’est top secret ?&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Je te le dis si tu &#xe9;vites les commentaires d&#xe9;sagr&#xe9;ables. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Emilie leva les mains en signe de protestation.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; J&#xe9;r&#xe9;my m’a fait une surprise, il m’a emmen&#xe9;e en week-end en Normandie.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Ouah la classe ! Anna, je suis vraiment contente pour toi ! Tu sais… je&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;ne veux pas te juger, c’est juste que je m’inqui&#xe8;te un peu pour toi,&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;parfois.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Pas la peine, j’ai une m&#xe8;re pour &#xe7;a ! Et tout va tr&#xe8;s bien, vraiment.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- OK. Tant mieux. Dis donc, un week-end en amoureux… Faudrait que je propose &#xe7;a &#xe0; Maxime, &#xe7;a nous sortirait des biberons.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- C’est une super id&#xe9;e &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Anna &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;eut un sourire un peu forc&#xe9;. Le dimanche soir, J&#xe9;r&#xe9;my l’avait&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;raccompagn&#xe9;e chez elle, mais il l’avait laiss&#xe9;e sur le pas de sa porte.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Mais pourquoi tu es venu, si tu t’en vas ? – Je voulais &#xea;tre s&#xfb;r que&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;tu rentres bien, ma princesse. &#xbb; Il lui avait tendrement caress&#xe9; les&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;cheveux et avait d&#xe9;pos&#xe9; un baiser sur ses l&#xe8;vres, puis il s’&#xe9;tait&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xe9;clips&#xe9;. Sans donner d’explications claires, comme d’habitude. Anna&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;n’avait pas insist&#xe9;, de peur de casser la magie du week-end. Elle avait&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;d&#xee;n&#xe9; devant la s&#xe9;rie polici&#xe8;re du dimanche soir, puis elle s’&#xe9;tait&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;endormie en se repassant les moments les plus romantiques de leur film&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;priv&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Robert sortit du bureau de Nelly les sourcils fronc&#xe9;s.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Nelly ne r&#xe9;sussissait d&#xe9;cid&#xe9;ment pas &#xe0; le convaincre. Il se sentait&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;aussi mouill&#xe9; qu’elle dans cette histoire, qui faisait en outre&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;resurgir &#xe0; son esprit des souvenirs douloureux. Et si les deux affaires&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xe9;taient li&#xe9;es ? Ce livre et son divroce… Non, il ne pouvait croire que&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;sa fille ou son ex-femme fussent &#xe0; l’origine du manuscrit, de m&#xea;me&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;qu’il ne pouvait soup&#xe7;onner Nelly de meurtre. Il &#xe9;tait tout de m&#xea;me&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xe9;tonnant de voir comment celle-ci se refusait &#xe0; appeler les choses par&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;leur nom. Jamais elle ne parlait directement de vol. C’&#xe9;tait un peu&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;comme leur habitude de se vouvoyer : toujours laisser de la distance,&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;et sauvegarder les apparences.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Anna croisa Robert dans le couloir et &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;remarqua son air soucieux.&lt;br /&gt;Elle n’avait rien tir&#xe9; des deux livres &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xe9;crits par Nelly sous pseudonyme et publi&#xe9;s par Robert,&lt;br /&gt;qu’elle avait &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;consult&#xe9;s la veille &#xe0; la BNF, profitant d’une recherche de citations&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;qu’elle devait faire pour une traduction. Le premier, Envers et contre&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;tout, lui avait paru tr&#xe8;s bon, bien qu’un peu dat&#xe9;. Le deuxi&#xe8;me en&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;revanche l’avait vite ennuy&#xe9;e : on n’y retrouvait pas les d&#xe9;tails&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;savoureux et les sonorit&#xe9;s qui donnaient &#xe0; Envers et contre tout toute&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;sa chair. Pour le reste, les intrigues et les styles des personnages&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;semblaient assez proches.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Anna pressentait que ce n’&#xe9;tait pas dans&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;ces romans que se trouvait la cl&#xe9; du myst&#xe8;re, mais bien dans l’histoire&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;de Nelly et de Robert. Or elle ne se sentait plus ni l’envie ni le&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;courage de fouiller dans leurs vies priv&#xe9;es. D’ailleurs, comment s’y&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;serait-elle prise, et au nom de quoi ? Qu’ils se d&#xe9;brouillent, avec&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;leur m&#xe9;lodrame et leurs cachotteries ! Elle avait mieux &#xe0; faire : elle&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;avait &#xe0; vivre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 15 Aug 2006 15:32:00 GMT</pubDate></item><item><title>Episode 9. Simples mortels</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/11/2451080.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/11/2451080.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2451080/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/11/2451080.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Je ne suis pas un &#xea;tre malfaisant. Mes amis diraient de moi que je&lt;br /&gt;suis un agneau qui a mang&#xe9; sa m&#xe8;re. Pour ma part, je me d&#xe9;finis comme&lt;br /&gt;un pur esprit incarn&#xe9; dans un corps malcommode ; or trop d’esprit et&lt;br /&gt;trop peu de corps font souvent peur.&lt;br /&gt;Je&lt;br /&gt;suis grand, trop &#xe9;troit et anguleux. Les femmes aiment mes yeux, mes&lt;br /&gt;mains et mon allure, les hommes mes fesses et mes mains. J’ai 44 ans,&lt;br /&gt;mais j’en parais dix de moins. Ca m’a valu quelques m&#xe9;saventures et pas&lt;br /&gt;mal d’avantages, dont je n’use qu’avec r&#xe9;ticence. Je n’aime pas les&lt;br /&gt;faux-semblants. Je n’ai&lt;br /&gt;pas honte de mon &#xe2;ge, de mon corps ou de&lt;br /&gt;quoi que ce soit d’autre. Sur certaines choses, simple mortel, je n’ai&lt;br /&gt;aucune prise. Je m’en accomode&lt;br /&gt;sans mal. Pour les autres, je veille &#xe0; ne jamais me laisser aller, en&lt;br /&gt;qu&#xea;te du raffinement le plus pouss&#xe9;. J’accepte ce que je ne peux pas&lt;br /&gt;changer, le reste je le caresse, je le polis, et je l’avale.&lt;br /&gt;J’ai v&#xe9;cu vingt ann&#xe9;es de ma vie sans conna&#xee;tre la v&#xe9;rit&#xe9;. J’ai commenc&#xe9; par&lt;br /&gt;pleurer mon amour, puis, comme je n’y pouvais plus rien, j’ai serr&#xe9; son&lt;br /&gt;souvenir contre moi, je l’ai caress&#xe9;, je l’ai poli, et je l’ai aval&#xe9;.&lt;br /&gt;J’ai continu&#xe9; comme je croyais que je savais faire, comme je croyais&lt;br /&gt;qu’il m’avait appris &#xe0; faire.&lt;br /&gt;Puis&lt;br /&gt;un jour, j’ai su. Et son souvenir est revenu me grignoter les&lt;br /&gt;entrailles. Il m’a pouss&#xe9; &#xe0; fureter, jusqu’&#xe0; soulever le plus petit&lt;br /&gt;grain de poussi&#xe8;re. Il a vomi le moindre mot, trouv&#xe9; les noms, cr&#xe9;&#xe9; les&lt;br /&gt;fausses adresses, r&#xe9;dig&#xe9; les messages. Depuis deux mois, il ne me&lt;br /&gt;quitte plus, je m’&#xe9;veille avec lui et je&lt;br /&gt;m’endors avec lui, sa br&#xfb;lure me berce et me h&#xe9;risse tour &#xe0; tour.&lt;br /&gt;Pourrai-je de nouveau vivre sans lui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une fa&#xe7;on ou d’une autre, cette femme a assassin&#xe9; mon amour de jeunesse.&lt;br /&gt;Je l’ai appris un soir de printemps, chez des amis.&lt;br /&gt;Les enfants &#xe9;taient couch&#xe9;s &#xe0; l’&#xe9;tage, les parents se disputaient une&lt;br /&gt;&#xe9;ni&#xe8;me partie de tennis. Une vague relation qui avait &#xe9;t&#xe9; invit&#xe9;e &#xe0; se&lt;br /&gt;joindre &#xe0; nous pour le week-end regardait la t&#xe9;l&#xe9;vision. Je lui avais &#xe0;&lt;br /&gt;peine port&#xe9; attention ; elle ne m’int&#xe9;ressait pas. La soir&#xe9;e &#xe9;tait&lt;br /&gt;douce, j’avais envie de go&#xfb;ter &#xe0; ce moment de solitude. Je d&#xe9;cidai de&lt;br /&gt;prendre un livre au hasard dans la biblioth&#xe8;que plut&#xf4;t que d’aller&lt;br /&gt;chercher celui que j’avais commenc&#xe9; dans le train, et de m’installer&lt;br /&gt;dans un transat sous le lumignon. Pour une fois, je me sentais d’humeur&lt;br /&gt;sereine, &#xe0; peine caustique, aussi je ne m’&#xe9;tonnai pas de trouver dans&lt;br /&gt;les premi&#xe8;res pages de ce roman une chaleur ronde et famili&#xe8;re.&lt;br /&gt;C’est plus tard, &#xe0; un d&#xe9;tail insignifiant, que l’&#xe9;vidence m’a saut&#xe9; aux yeux.&lt;br /&gt;Et a propuls&#xe9; des tr&#xe9;fonds de mon int&#xe9;rieur, avec une force hors du&lt;br /&gt;commun, le souvenir enfoui depuis vingt ans.&lt;br /&gt;Cette femme a assassin&#xe9; mon amour de jeunesse, et il est impossible que je ne puisse plus rien y faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 11 Aug 2006 16:48:00 GMT</pubDate></item><item><title>Episode 8. Vendredi 22 juillet. Envers et contre tout</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/02/2400340.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/02/2400340.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2400340/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/08/02/2400340.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Brasserie Le Bonaparte, quatorze heures.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Au
fond de la salle, un couple d’amoureux se d&#xe9;vore des yeux, les mains
jointes au-dessus des assiettes vides. Le gar&#xe7;on murmure quelque chose
&#xe0; la fille, qui rit en renversant la t&#xea;te. Elle sort de son sac &#xe0; main
un petit portefeuille de cuir marron, en extirpe un billet qu’elle cale
sous son verre &#xe0; pied. Ils se l&#xe8;vent ; il la tient par la taille.&lt;br /&gt;Alors qu’ils passaient devant le bar, une main leur fit signe.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Anna !&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Emilie...&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;- Salut, J&#xe9;r&#xe9;my. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Emilie
et Anna se faisaient face, debout devant le comptoir, comme pour une
confrontation. En un regard, Anna confirma &#xe0; Emilie ce qu’elle avait
devin&#xe9;, et Emilie lui r&#xe9;pondit par une mise en garde muette, teint&#xe9;e de
r&#xe9;probation.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Bon, on y va, faut
que je retourne bosser ! &#xbb; lan&#xe7;a Anna, pr&#xe9;f&#xe9;rant couper court. Elle
adressa un signe de la main &#xe0; Emilie et poussa J&#xe9;r&#xe9;my vers la sortie.
Au bout de la rue, elle le gratifia d’un baiser appuy&#xe9;, d’un &#xab; A ce
soir !&#xbb; plein de promesses, et s’&#xe9;loigna, le pas l&#xe9;ger. Peu lui
importait ce que pensait Emilie : elle &#xe9;tait heureuse. Maintenant,
J&#xe9;r&#xe9;my &#xe9;tait l&#xe0; pour elle, disponible, tendre. Cet amour comme neuf lui
donnait des ailes.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Robert avait
une r&#xe9;union au si&#xe8;ge du groupe cet apr&#xe8;s-midi-l&#xe0;. Il avait emport&#xe9; du
travail dans sa mallette pour pouvoir rentrer directement chez lui
ensuite. En cas d’urgence, sa secr&#xe9;taire l’appelerait sur son portable.
De toute fa&#xe7;on, la maison tournait au ralenti, plus de la moiti&#xe9; des
employ&#xe9;s &#xe9;taient partis en vacances. Il h&#xe9;la un taxi &#xe0; sa sortie de la
tour de bureaux. La fra&#xee;cheur de l’habitacle, le contact du cuir, le
doux bruit du moteur l’apais&#xe8;rent instantan&#xe9;ment. Il laissa aller sa
t&#xea;te contre le si&#xe8;ge et ferma les yeux un instant.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Ces
derni&#xe8;res semaines avaient &#xe9;t&#xe9; nerveusement &#xe9;puisantes, mais il
h&#xe9;sitait encore &#xe0; prendre ses vacances dans huit jours. Bien s&#xfb;r, ce
serait une fa&#xe7;on de signifier au corbeau, comme il l’appelait d&#xe9;sormais
en son for int&#xe9;rieur, qu’il ne lui faisait pas peur, mais il r&#xe9;pugnait
&#xe0; laisser Nelly seule. &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Tant d’ann&#xe9;es
avaient pass&#xe9;, tant de souffrances aussi, et pourtant il se sentait
toujours li&#xe9; &#xe0; elle, ind&#xe9;f&#xe9;ctiblement. C’&#xe9;tait comme s’il avait encore
aujourd’hui le devoir de la prot&#xe9;ger. Il se rappela une de leurs
premi&#xe8;res rencontres, son allure de jeune femme. Elle &#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; ronde,
mais pas massive, de ce genre de physique dont on croit qu&apos;il s’accorde
avec un caract&#xe8;re &#xe9;panoui, jovial. Nelly, elle, &#xe9;tait plut&#xf4;t aust&#xe8;re,
et plus c&#xe9;r&#xe9;brale que volupteuse. C’est ce constraste qui avait d’abord
s&#xe9;duit Robert : cette femme &#xe9;tait tellement inattendue ! Et puis, ils
partageaient une m&#xea;me exigence intellectuelle, une m&#xea;me passion pour
leur m&#xe9;tier. Pour Robert, &#xe7;a avait &#xe9;t&#xe9; une r&#xe9;v&#xe9;lation : il pouvait donc
&#xe9;changer et discuter ainsi avec une femme, avec sa compagne ! Il &#xe9;tait
alors mari&#xe9; depuis quinze ans. Son mariage avec Catherine s’&#xe9;tait
construit sur une entente raisonn&#xe9;e : ils s’&#xe9;taient rencontr&#xe9;s, ils
s’&#xe9;taient plu. Comme ils &#xe9;taient du m&#xea;me milieu social et que leurs
ambitions se compl&#xe9;taient, ils s’&#xe9;taient tout naturellement fianc&#xe9;s,
puis mari&#xe9;s. &#xc7;a aurait pu durer jusqu’&#xe0; leur mort si Nelly n’avait pas
fait irruption dans sa vie. En aurait-il &#xe9;t&#xe9; plus heureux ?&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Une s&#xe9;rie de coups de klaxon tir&#xe8;rent Robert de ses pens&#xe9;es.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Nous ne sommes plus tr&#xe8;s loin, laissez-moi l&#xe0; &#xbb;, demanda-t-il au chauffeur.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Alors
que le taxi s’&#xe9;loignait, le ciel se couvrit d’un coup et des trombes
d’eau s’abattirent sur les rues. En un instant, Robert fut compl&#xe8;tement
tremp&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Au moment o&#xf9; l’averse
se d&#xe9;clenchait &#xe0; l’autre bout de l’arrondissement, Anna &#xe9;tait pench&#xe9;e
sur le BAT du Malverte, t&#xe2;chant de r&#xe9;pondre de son mieux aux questions
du correcteur. Elle fut agac&#xe9;e de voir que celui-ci avait point&#xe9; des
choix typographiques faits en accord avec le traducteur, et qu’elle
avait pris soin de signaler &#xe0; la fabrication.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Quand
elle entendit le fracas des premi&#xe8;res gouttes sur les toits de zinc de
l’immeuble d’en face, elle releva la t&#xea;te et regarda tomber la pluie
d’un air songeur. Comment en savoir plus sur ce manuscrit sans se
compromettre ? Peut-&#xea;tre devrait-elle commencer par faire des
recherches sur Nelly… Mais bien s&#xfb;r ! Comment n’y avait-elle pas pens&#xe9;
plus t&#xf4;t ? Il suffisait de taper son nom sur Google…&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Une
petite dizaine de pages correspondaient &#xe0; la recherche ; la plupart
concernaient une homonyme qui travaillait dans le secteur m&#xe9;dico-social
et s’&#xe9;tait engag&#xe9;e en politique. Les autres liens renvoyaient &#xe0; une
interview publi&#xe9;e par un magazine web qu’Anna parcourut rapidement sans
y apprendre grand-chose, et &#xe0; des r&#xe9;pertoires professionnels. Une autre
r&#xe9;f&#xe9;rence attira soudain son attention. Elle activa le lien, et une
nouvelle page apparut.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;TITRE : Envers et contre tout&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;AUTEUR : Anselme Leverger (Nelly Duval)&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;EDITEUR : Frantard&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;PUBLICATION : 10.05.87&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Le
cœur d’Anna se mit &#xe0; battre plus vite. Persuad&#xe9;e de tenir une piste,
elle se connecta sur le site de la BNF, tapa le nom de l’auteur. Deux
occurrences : &lt;em&gt;Envers et contre tout &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Pour une vie de labeur&lt;/em&gt;,
publi&#xe9;s chez le m&#xea;me &#xe9;diteur &#xe0; un an d’intervalle. Le nom de Nelly
n’apparaissait pas. Anna tenta d’approfondir sa recherche, mais elle ne
tombait que sur des listes bibliographiques. Elle d&#xe9;cida alors de
repartir sur le nom de la maison d’&#xe9;dition, sans grand espoir : il y
avait bien trop de r&#xe9;ponses pour que ce soit exploitable. Et si elle
essayait avec Robert ? Effectivement, les deux noms apparaissaient
ensemble sur quelques sites, dont un personnel sur l’histoire de
l’&#xe9;dition fran&#xe7;aise. Robert Gandois y &#xe9;tait cit&#xe9; comme &#xe9;diteur chez
Frantard, dans les ann&#xe9;es 80.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Satisfaite, Anna se renversa dans son fauteuil. Cette affaire commen&#xe7;ait &#xe0; devenir vraiment int&#xe9;ressante...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 02 Aug 2006 18:06:00 GMT</pubDate></item><item><title>&#xc9;pisode 7. Mardi 19 juillet. D&#xe9;mons</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/29/2375464.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/29/2375464.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2375464/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/29/2375464.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;De : Patricia Demougis&lt;br /&gt;A : Robert Gandois&lt;br /&gt;Date : 18.07.06 - 23h17&lt;br /&gt;Objet : Manuscrit&lt;br /&gt;Cher Robert,&lt;br /&gt;J’esp&#xe8;re
que vous avez appr&#xe9;ci&#xe9; le manuscrit que je vous ai envoy&#xe9;. J’ai fait en
sorte que l’intrigue tienne le lecteur en haleine, et que les
personnages soient le plus cr&#xe9;dibles possible. Est-ce r&#xe9;ussi ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab;
Merde ! &#xbb; Robert tapa violemment du poing sur la table, empoigna un
livre et l’envoya valser contre le mur du fond. Il se leva et commen&#xe7;a
&#xe0; faire les cent pas dans la pi&#xe8;ce, tout en continuant &#xe0; cogner du
poing dans sa main. Ce mail &#xe9;tait en train de faire exploser toute sa
retenue habituelle. Quelques ann&#xe9;es de domestication de ses d&#xe9;mons et
d’habitudes rang&#xe9;es n’avaient pas suffi &#xe0; assagir un caract&#xe8;re &#xe9;ruptif.
Et dans cette affaire, tout le mettait hors de lui : l’impression am&#xe8;re
de ne rien ma&#xee;triser, le fait qu’on s’en prenait &#xe0; Nelly, et
l’incompr&#xe9;hension. Qui avait envoy&#xe9; ce manuscrit puis ce mail en
utilisant les noms d’auteurs de la maison ? Pourquoi maintenant ? Et
qu’allait-il se passer ensuite ? Il &#xe9;tait bien trop tard pour r&#xe9;parer
les erreurs du pass&#xe9;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anna en comprenait moins encore. La
veille apr&#xe8;s le coup de fil inattendu de Tribaout, elle s’&#xe9;tait demand&#xe9;
si elle devait appeler Nelly pour la pr&#xe9;venir, attendre le lendemain
matin ou informer Robert. Mais comment justifier cette derni&#xe8;re
possibilit&#xe9;, alors qu’elle n’&#xe9;tait pas cens&#xe9;e avoir entendu leur
conversation du matin ? C’&#xe9;tait aussi d&#xe9;licat de t&#xe9;l&#xe9;phoner &#xe0; Nelly :
elle la d&#xe9;rangerait pendant son rendez-vous, et laisserait entendre
qu’elle connaissait l’importance de ce manuscrit – sans l’avoir encore
lu. Elle repensa &#xe0; cette fois o&#xf9; elle avait vu le manuscrit sur le
bureau de Nelly. Si son contenu &#xe9;tait si g&#xea;nant, pourquoi ne
l’avait-elle pas enferm&#xe9; en lieu s&#xfb;r, ou au moins rang&#xe9; dans un tiroir
? Nelly n’avait jamais &#xe9;t&#xe9; une femme facile &#xe0; cerner, mais depuis ces
quinze derniers jours elle &#xe9;tait encore plus insaisissable. Anna
connaissait certaines de ses habitudes de travail et sa fa&#xe7;on de se
comporter avec les gens de la maison, tr&#xe8;s diff&#xe9;rente selon leur
utilit&#xe9; suppos&#xe9;e et leur place dans la hi&#xe9;rarchie. Elle avait appris &#xe0;
tourner ses demandes et ses questions de fa&#xe7;on &#xe0; ne pas l’&#xe9;nerver, et &#xe0;
lui manifester r&#xe9;guli&#xe8;rement mais discr&#xe8;tement sa r&#xe9;v&#xe9;rence et son
admiration. Elle s’&#xe9;tait habitu&#xe9;e &#xe0; ne rien conna&#xee;tre de la vie de
Nelly en dehors de la maison, au point que, comme les &#xe9;coliers avec
leur institutrice, elle s’imaginait presque que le soir Nelly &#xe9;tait
d&#xe9;sactiv&#xe9;e et rang&#xe9;e dans un placard.&lt;br /&gt;La veille, assistante efficace
et fid&#xe8;le, Anna avait fini par appeler sa chef. Elle &#xe9;tait tomb&#xe9;e sur
le r&#xe9;pondeur et, soulag&#xe9;e, avait laiss&#xe9; un message. &#xab; J’ai pens&#xe9; que &#xe7;a
pouvait &#xea;tre important, qu’il valait mieux que je vous pr&#xe9;vienne tout
de suite. &#xbb; Quand Nelly &#xe9;tait arriv&#xe9;e ce matin, elle avait d&#xfb; lui poser
la question :&lt;br /&gt;&#xab; Vous avez bien eu mon message hier ?&lt;br /&gt;- Oui, bien s&#xfb;r que je l’ai eu. Il perd la t&#xea;te, Tribaout. Je l’ai eu son manuscrit, c’est m&#xea;me vous qui l’avez imprim&#xe9;.&lt;br /&gt;- C’est qu’il avait l’air s&#xfb;r de lui…&lt;br /&gt;-
Et moi je suis s&#xfb;re de moi ! A partir de maintenant, vous cessez de me
parler de ce Tribaout, c’est mon manuscrit, mon histoire, je ne vous ai
pas demand&#xe9; de vous en m&#xea;ler, que je sache ! &#xbb;&lt;br /&gt;Anna acceptait de
travailler pour Nelly parce qu’elle avait le sentiment de vraiment
apprendre le m&#xe9;tier avec elle, mais elle ne supportait pas de se faire
rabrouer injustement. Sentant monter des larmes de col&#xe8;re et
d’impuissance qu’elle savait ne pas pouvoir contr&#xf4;ler, elle s’&#xe9;tait
enferm&#xe9;e dans les toilettes des hommes le temps de reprendre un visage
&#xe0; peu pr&#xe8;s normal. Nelly avait tort : Anna &#xe9;tait d&#xe9;sormais m&#xea;l&#xe9;e &#xe0;
cette histoire, bien malgr&#xe9; elle. Elle avait vu la r&#xe9;action de Nelly &#xe0;
la lecture du manuscrit, elle avait eu Tribaout au t&#xe9;l&#xe9;phone, elle
avait entendu la conversation avec Robert… Bien s&#xfb;r, elle aurait pu
s’&#xe9;clipser d&#xe8;s qu’elle en avait saisi la gravit&#xe9;, mais &#xe7;a a avait &#xe9;t&#xe9;
sa seule d&#xe9;faillance, sa seule indiscr&#xe9;tion, et comment r&#xe9;sister ? Elle
&#xe9;tait humaine, elle &#xe9;tait curieuse, et elle aimait &#xea;tre tenue un
minimum au courant de ce qui se passait dans la maison. Or non
seulement on ne lui faisait pas confiance, mais on se m&#xe9;fiait d’elle :
le mail transf&#xe9;r&#xe9; par Nelly pour qu’elle imprime le manuscrit avait &#xe9;t&#xe9;
effac&#xe9; de son ordinateur. Oh, bien s&#xfb;r, s’il s’agissait de quelque
chose de grave, de compromettant, avec des implications personnelles,
elle ne s’attendait pas &#xe0; ce qu’on l’informe au fur et &#xe0; mesure. Mais
ce qui se passait en ce moment exacerbait ce qu’elle ressentait depuis
plus longtemps : elle &#xe9;tait consid&#xe9;r&#xe9;e comme un bon &#xe9;l&#xe9;ment, mais un
&#xe9;l&#xe9;ment mineur. Malgr&#xe9; tout le travail qu’elle fournissait, la &#xab;
finition &#xbb; minutieuse des manuscrits, la coordination de toutes les
&#xe9;tapes, les relations avec les auteurs, elle n’&#xe9;tait qu’un rouage dans
la cha&#xee;ne, si petit et si bien huil&#xe9; qu’on finissait par oublier que
s’il venait &#xe0; casser, tout serait compromis. Une travailleuse de
l’ombre, qui assurait le quotidien et permettait ainsi &#xe0; ses sup&#xe9;rieurs
de briller au firmament. Mais la lumi&#xe8;re commen&#xe7;ait &#xe0; lui manquer…&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 29 Jul 2006 12:06:00 GMT</pubDate></item><item><title>Episode 6. Lundi 17 juillet. Orage</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/20/2327337.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/20/2327337.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2327337/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/20/2327337.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Une
sonnerie imp&#xe9;rieuse r&#xe9;sonna au plus profond des r&#xea;ves d’Anna. Etait-ce
le roulement de l’orage ? Le r&#xe9;veil ? Le t&#xe9;l&#xe9;phone ? Elle ouvrit un œil
et, reconnaissant la sonnette de la porte d&apos;entr&#xe9;e, bondit hors de son
lit et alla regarder &#xe0; l’œilleton. Evidemment. Elle ouvrit la porte
d’un geste rageur.&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Salut, princesse ! &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;J&#xe9;r&#xe9;my se tenait sur le palier, croissants &#xe0; la main, sourire ravageur, pose assur&#xe9;e.&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Tu te fous de moi ?&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;– Euh… non... J’arrive trop t&#xf4;t ? Je te r&#xe9;veille ?&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;–
Ouais, tu me r&#xe9;veilles, j’ai bien de la chance, d’ailleurs, parce que
&#xe7;a veut dire que j’ai enfin r&#xe9;ussi &#xe0; m’endormir. Je t’ai attendu toute
la nuit, putain !&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;– Oh merde, je suis d&#xe9;sol&#xe9;, hier c’&#xe9;tait compliqu&#xe9;, je pouvais pas vraiment passer…&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;– Et pas vraiment m’appeler ? Et pas vraiment laisser ton portable allum&#xe9; pour que moi je puisse savoir ce qui se passe ?&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;– Je peux entrer, on…&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;– Non. T’as d&#xe9;pass&#xe9; l’heure limite. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Anna claqua la porte le plus fort qu’elle put. Elle eut &#xe0; peine le temps d’apercevoir le visage &#xe9;bahi et pein&#xe9; de J&#xe9;r&#xe9;my. &lt;em&gt;Casse-toi, casse-toi, sinon je suis capable de te laisser entrer.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; Anna…&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;– CASSE-TOI ! &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;De
l’autre c&#xf4;t&#xe9; de la porte, J&#xe9;r&#xe9;my h&#xe9;sita un instant, puis, penaud,
recula et redescendit lentement l’escalier. C’&#xe9;tait la premi&#xe8;re fois
qu’Anna r&#xe9;agissait aussi violemment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A 8 h 30, Anna franchit
la porte coch&#xe8;re de l&apos;immeuble des &#xe9;ditions Duvergne et Maloit.
Furieuse et abattue apr&#xe8;s le d&#xe9;part de J&#xe9;r&#xe9;my, elle avait rapidement
quitt&#xe9; son appartement et s&apos;&#xe9;tait machinalement dirig&#xe9;e vers le m&#xe9;tro.
Autant aller travailler, &#xe7;a lui occuperait l&apos;esprit. A cette heure et &#xe0;
ce moment de l&apos;ann&#xe9;e, l&apos;immeuble &#xe9;tait quasiment vide. Arriv&#xe9;e au
deuxi&#xe8;me &#xe9;tage, elle surprit pourtant les bribes d&apos;une conversation
anim&#xe9;e. Elle s&apos;approcha sans bruit du bureau de Nelly et resta
immobile, l&apos;oreille tendue, incapable de se d&#xe9;tourner de ce qui se
tramait l&#xe0;.&lt;br /&gt;&amp;quot;Comment pensez-vous qu&apos;il a trouv&#xe9; tout &#xe7;a ? demandait Robert d&apos;une voix tendue qu&apos;il essayait d&apos;&#xe9;touffer.&lt;br /&gt;-
Aucune id&#xe9;e. Il n&apos;est venu que quelques fois dans la maison, et je ne
l&apos;ai jamais vu tra&#xee;ner seul dans les couloirs. De toute fa&#xe7;on ce n&apos;est
pas comme &#xe7;a qu&apos;il aurait r&#xe9;uni toutes ces informations.&lt;br /&gt;- Surtout les plus priv&#xe9;es...&lt;br /&gt;- Robert, intervint brusquement Nelly, jamais je n&apos;ai parl&#xe9;...&lt;br /&gt;-
Je sais. Bon, dans l&apos;imm&#xe9;diat on a trois probl&#xe8;mes : un, faut-il
informer le groupe ou non, deux, comment contacter Tribaout et que lui
dire, trois, emp&#xea;cher qu&apos;il propose &#xe7;a &#xe0; d&apos;autres &#xe9;diteurs.&lt;br /&gt;- &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Vous savez bien que les &#xe9;diteurs partagent le go&#xfb;t du secret... M&#xea;me
s&apos;ils pr&#xe9;tendent donner leurs recettes dans les journaux, ils
n&apos;aiment pas &#xe9;taler leurs petites histoires sur la place publique.&lt;br /&gt;- &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Reconnaissez
tout de m&#xea;me que ce livre a un vrai potentiel commercial : les dessous
de l&apos;&#xe9;dition fran&#xe7;aise fa&#xe7;on Paul-Loup Sulitzer !&amp;quot; Une pause, un
soupir. &amp;quot;Vous aviez d&#xe9;j&#xe0; imagin&#xe9; vous retrouver en personnage de roman
?&amp;quot;&lt;br /&gt;Robert avait pris un ton affectueux, presque tendre. Anna ne
l&apos;avait jamais entendu parler comme &#xe7;a. Elle se sentit soudain g&#xea;n&#xe9;e de
les espionner ainsi - tout en regrettant de ne pas avoir jet&#xe9; un oeil
au fameux manuscrit quand elle l&apos;avait vu sur le bureau de Nelly.&lt;br /&gt;&amp;quot;On reparlera de tout &#xe7;a dans la journ&#xe9;e, les gens vont arriver.&lt;br /&gt;- Oui, mais ne tardons pas Robert, &#xe7;a va faire deux semaines que je l&apos;ai re&#xe7;u.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Treize
heures. Bistrot Le Bonaparte. Emilie et Anna s&apos;&#xe9;taient install&#xe9;es &#xe0; la
derni&#xe8;re table libre, entre un groupe de commerciaux suant dans leurs
complets-vestons et deux jeunes filles blondes et lisses. C&apos;&#xe9;tait l&apos;un
des rares bistrots du quartier o&#xf9; on pouvait manger &#xe0; des prix
raisonnables. Comme les plats &#xe9;taient plut&#xf4;t bons et le d&#xe9;cor
classique, on y croisait &#xe0; la fois les Parisiens chics et guind&#xe9;s qui
habitaient l&apos;arrondissement, des employ&#xe9;s plus modestes, des &#xe9;tudiants
et quelques touristes.&lt;br /&gt;&amp;quot;Maxime n&apos;a pas eu son concours, ass&#xe9;na Emilie sit&#xf4;t leurs plats command&#xe9;s.&lt;br /&gt;- Oh merde ! Et &#xe7;a va, il est pas trop d&#xe9;&#xe7;u ?&lt;br /&gt;- Ben si, quand m&#xea;me, tu vois, il pensait avoir pas trop mal r&#xe9;ussi, m&#xea;me s&apos;il n&apos;avait pas trop boss&#xe9;, et puis voil&#xe0;...&lt;br /&gt;- Et il va le retenter ?&lt;br /&gt;-
A priori oui. Il a encore droit &#xe0; un an de ch&#xf4;mage et il a trouv&#xe9; des
cours de pr&#xe9;paration par correspondance. Mais c&apos;est dur de se dire
qu&apos;il faut replonger dedans. Enfin l&#xe0;, on a l&apos;&#xe9;t&#xe9; tranquille.&lt;br /&gt;- Moi
j&apos;ai quand m&#xea;me du mal &#xe0; me dire qu&apos;il profite du ch&#xf4;mage encore un an
alors qu&apos;il aurait pu bosser beaucoup plus &#xe0; fond la premi&#xe8;re ann&#xe9;e...
C&apos;est un peu abus&#xe9;, je trouve.&lt;br /&gt;-Ouais, mais c&apos;est l&apos;occasion ou
jamais, s&apos;il trouve un boulot maintenant, je le connais, il fera rien
le soir. En plus on devra tout r&#xe9;organiser, parce que l&#xe0; c&apos;est lui qui
emm&#xe8;ne Simon &#xe0; la cr&#xe8;che et qui va le chercher le soir, et il fait
quelques trucs dans la maison. On vit mieux comme &#xe7;a qu&apos;en bossant tous
les deux comme des cons !&lt;br /&gt;- Et les cons, eux, ils doivent se
d&#xe9;brouiller pour faire garder leur gamin parce qu&apos;ils bossent pour
payer le ch&#xf4;mage de Maxime !&lt;br /&gt;- Anna, c&apos;est bon, c&apos;est quoi ce discours ?&lt;br /&gt;- Quoi c&apos;est quoi ? Tu me trouves r&#xe9;ac, c&apos;est &#xe7;a ?&lt;br /&gt;-
Bon, laisse tomber, on va pas s&apos;engueuler pour &#xe7;a. Mais qu&apos;est-ce qu&apos;il
y a aujourd&apos;hui ? Tu as l&apos;air toute bizarre depuis ce matin.&lt;br /&gt;- J&#xe9;r&#xe9;my m&apos;a encore pos&#xe9; un lapin hier, du coup je l&apos;ai foutu dehors quand il s&apos;est point&#xe9; ce matin comme une fleur.&lt;br /&gt;- D&#xe9;cid&#xe9;ment, on dit que les femmes sont incompr&#xe9;hensibles, moi parfois c&apos;est les mecs que j&apos;arrive pas &#xe0; comprendre.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De
retour dans la maison, Anna entreprit de classer des dossiers pour
faire de la place dans son bureau. Son esprit navigait entre les
d&#xe9;f&#xe9;ctions de J&#xe9;r&#xe9;my auxquelles elle ne savait plus comment r&#xe9;agir et
&amp;quot;l&apos;affaire Tribaout&amp;quot; quand son t&#xe9;l&#xe9;phone sonna.&lt;br /&gt;&amp;quot;All&#xf4; ?&lt;br /&gt;- Bonjour, c&apos;est Marcel Tribaout !&amp;quot;&lt;br /&gt;Elle resta coite pendant quelques secondes, puis articula p&#xe9;niblement, la gorge s&#xe8;che :&lt;br /&gt;&amp;quot;Oui ?&lt;br /&gt;- Excusez-moi de vous d&#xe9;ranger, mais j&apos;ai essay&#xe9; de joindre Nelly et &#xe7;a ne r&#xe9;pond pas.&lt;br /&gt;- Euh... oui... Elle est en rendez-vous ext&#xe9;rieur aujourd&apos;hui...&lt;br /&gt;-
Ah d&apos;accord. Ecoutez, j&apos;ai termin&#xe9; mon prochain roman ce week-end, et
je voulais savoir si je dois vous l&apos;envoyer par la poste ou par
Internet.&lt;br /&gt;- Votre dernier roman ?&lt;br /&gt;- Oui, Nelly l&apos;attend.&lt;br /&gt;- Mais... vous ne l&apos;avez pas d&#xe9;j&#xe0; envoy&#xe9; ?&lt;br /&gt;-
D&#xe9;j&#xe0; envoy&#xe9; ? Mais non voyons, je viens de vous dire que je l&apos;ai fini
ce week-end. Anna, vous n&apos;avez pas l&apos;air bien, qu&apos;est-ce qui se passe ?&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 20 Jul 2006 17:18:00 GMT</pubDate></item><item><title>Episode 5. Jeudi 13 juillet. Fleurs f&#xe2;n&#xe9;es</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/15/2297576.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/15/2297576.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2297576/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/15/2297576.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Dix-neuf
heures. Les bureaux &#xe9;taient vides. Le soleil cognait encore &#xe0; travers les
vitres, il faisait chaud. Dans le couloir une fen&#xea;tre &#xe9;tait rest&#xe9;e ouverte,
on entendait le cri bref et enjou&#xe9; d&apos;un oiseau d&apos;&#xe9;t&#xe9;. Pr&#xe8;s de la
photocopieuse flottait une l&#xe9;g&#xe8;re odeur de nourriture - dans la poubelle,
une barquette vide qui avait d&#xfb; contenir des bouch&#xe9;es &#xe0; la vapeur ou des
nouilles chinoises, vestige du d&#xe9;jeuner. Dans le bureau de l&apos;attach&#xe9;e
de presse, les journaux et les magazines &#xe9;taient rang&#xe9;s par titre ; le tas
&amp;quot;publications diverses&amp;quot; allait bient&#xf4;t s&apos;effondrer. Malgr&#xe9; le papillon
scotch&#xe9; contre la paroi du placard, &lt;em&gt;Merci de rapporter les journaux que vous empruntez !,&lt;/em&gt; il manquait le &lt;em&gt;Lib&#xe9;&lt;/em&gt; du jour et le dernier &lt;em&gt;T&#xe9;l&#xe9;rama&lt;/em&gt;. Chaque lundi, les filles pistaient le &lt;em&gt;Elle&lt;/em&gt; de la semaine, et tout le monde se plaignait de ne jamais pouvoir lire &lt;em&gt;Livres Hebdo&lt;/em&gt;,
&#xe0; moins d&apos;attendre plusieurs semaines qu&apos;il ait enfin fait le tour de
la maison. Sur la table &#xe0; droite de l&apos;entr&#xe9;e &#xe9;taient expos&#xe9;es les
derni&#xe8;res parutions de la maison : quelques titres du mois de mai, et
les romans de la rentr&#xe9;e, qu&apos;on avait imprim&#xe9;s quelques mois en avance en
esp&#xe9;rant que les journalistes les emporteraient en vacances.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Trebuchet MS&quot;&gt;Le
cri de l&apos;oiseau r&#xe9;sonna de nouveau. Robert poursuivit son tour. Il
emprunta le couloir, longeant la biblioth&#xe8;que. Tous ces livres, c&apos;&#xe9;tait
un peu son oeuvre. Il s&apos;en foutait. Dans la salle de r&#xe9;union, il ne put
s&apos;emp&#xea;cher de replacer les fauteuils autour de la table. Cette grande
affiche sous verre, depuis quand &#xe9;tait-elle l&#xe0; ? Qui l&apos;avait choisie &#xe0;
l&apos;&#xe9;poque ? Il ne se souvenait plus. Il lorgna la grosse t&#xe9;l&#xe9; r&#xe9;clam&#xe9;e
par Carine, l&apos;&#xe9;ditrice people, et que personne ne regardait jamais.
Ecouta les lattes du plancher grincer sous la moquette grise &#xe9;lim&#xe9;e. Au
bout du couloir, un petit bureau laid et vide d&#xe9;volu aux stagiaires et
aux signatures. Ensuite le bureau de Carine. Porte grande ouverte,
fouillis de magazines, de fleurs f&#xe2;n&#xe9;es, de tasses sales, de paperasses
jamais tri&#xe9;es. Elle &#xe9;tait partie ce soir en vacances, sans m&#xea;me ranger
un
peu. Robert soupira. Il s&apos;en foutait.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Trebuchet MS&quot;&gt;D&apos;habitude
il aimait faire le tour de &amp;quot;sa&amp;quot; maison le soir, fouiner un peu, profiter
du calme, respirer l&apos;ambiance de la journ&#xe9;e, comme si les &#xe9;v&#xe9;nements,
les sentiments, les paroles restaient pendant quelques heures en
suspension dans l&apos;air.&amp;nbsp; Aujourd&apos;hui il avait h&#xe2;te de partir &#xe0; son
tour, de fuir la langueur des mois d&apos;&#xe9;t&#xe9;. Que faisait-il ici, &#xe0; inspecter
les couloirs, &#xe0; renifler ce qui lui &#xe9;chappait ? Il s&apos;en alla.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Trebuchet MS&quot;&gt;Cette fois la maison &#xe9;tait vide.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Vingt
et une heures. Une ombre discr&#xe8;te passa dans les couloirs, tirant
derri&#xe8;re elle un chariot h&#xe9;riss&#xe9; de brosses, balais, seaux, d&#xe9;tergents.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Trebuchet MS&quot;&gt;Vingt-trois
heures. Un ordinateur &#xe9;tait rest&#xe9; allum&#xe9;. L&apos;image hypnothique de l&apos;&#xe9;cran
de veille tournoyait dans le vide. Dans sa cuisine, Carine se rappella
soudain qu&apos;elle avait laiss&#xe9; sur son bureau le manuscrit qu&apos;elle voulait
lire pendant les vacances. Elle alluma une cigarette et se promit
d&apos;oublier totalement le travail. Robert &#xe9;teignit l&apos;halog&#xe8;ne de son salon
et resta immobile dans le noir. Anna riait, une bi&#xe8;re &#xe0; la main.
Catherine b&#xe2;illa. Antoine alla pisser au fond du jardin de sa toute
nouvelle maison de campagne. Emilie dormait. Nelly aussi. Antoine descendit
du train.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 15 Jul 2006 12:31:00 GMT</pubDate></item><item><title>&#xc9;pisode 4. Vendredi 7 juillet. Je vous laisse juge</title><dc:creator>hkhk</dc:creator><link>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/09/2262565.html</link><category>Saison I</category><comments>http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/09/2262565.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lesediteurs.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2262565/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lesediteurs.canalblog.com/archives/2006/07/09/2262565.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Robert
Gandois se levait tous les matins &#xe0; 5 h 30. Il commen&#xe7;ait par faire
quelques exercices de gymnastique sur le tapis au pied de son lit, puis
il se pr&#xe9;parait un caf&#xe9; serr&#xe9; dans la p&#xe9;nombre de sa cuisine, savourant
le silence des &#xe9;tages et de la cour de l’immeuble. Il buvait son caf&#xe9;
debout, d’un trait. Apr&#xe8;s ses ablutions, il choisissait un costume
fra&#xee;chement repass&#xe9; dans la penderie, et chaussait ses charentaises –
ou ses espadrilles en &#xe9;t&#xe9;. Il s’installait alors dans son bureau, une
petite pi&#xe8;ce ferm&#xe9;e par une double porte vitr&#xe9;e, et d&#xe9;pliait devant lui
&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; qu’il recevait tous les soirs par porteur. Il consacrait une
demi-heure &#xe0; la lecture des articles qu’il avait rep&#xe9;r&#xe9;s la veille.
Vers 7 heures, il se pr&#xe9;parait un vrai petit d&#xe9;jeuner – toasts,
confiture, jambon ou œufs, th&#xe9; Earl Grey – qu’il mangeait &#xe0; la table de
la cuisine en &#xe9;coutant les informations de France Culture. &#xc0; 8 heures
il partait travailler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il trouva ce matin-l&#xe0; sur son bureau un manuscrit marqu&#xe9; d’un Post-it rose.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;em&gt;Le dernier Tribaout. Je n’ai pas pu aller au bout. Je vous laisse juge. Nelly.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;En
tant que P-DG il donnait son accord &#xe0; chacun des projets publi&#xe9;s, mais
g&#xe9;n&#xe9;ralement Nelly arrivait dans son bureau le manuscrit sous le bras,
le sourire aux l&#xe8;vres et les arguments &#xe0; la bouche. Il n’y avait plus
qu’&#xe0; la laisser parler, et &#xe0; lui faire confiance. En dix ans de travail
en commun, il n’avait refus&#xe9; que trois manuscrits propos&#xe9;s par Nelly.
Il &#xe9;tait rare qu’elle lui demande ainsi son avis avant de se d&#xe9;cider
elle-m&#xea;me. Sur la petite table &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de son bureau, la pile des
manuscrits s&#xe9;lectionn&#xe9;s la veille par les &#xe9;diteurs et assistantes de la
maison attendait sa lecture. Il h&#xe9;sita, consulta sa montre, soupira et
se plongea dans le Tribaout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab; Robert, on pourrait se voir dans la journ&#xe9;e pour la maquette des polars ?&lt;br /&gt;– Oui, passez donc… &#xe0; 15 heures dans mon bureau.&lt;br /&gt;– Tr&#xe8;s bien, je vous apporterai tout le mat&#xe9;riel. &#xbb;&lt;br /&gt;Apr&#xe8;s
avoir raccroch&#xe9;, Antoine entreprit de ranger dans une caisse en
plastique les exemplaires des collections concurrentes qu’il avait
command&#xe9;s &#xe0; la FNAC. &lt;em&gt;Nette dominante de noir et jaune&lt;/em&gt;, se dit-il en empilant les bouquins par ordre de taille. &lt;em&gt;&#xc7;a manque d’imagination…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&#xc0;
quinze heures pr&#xe9;cises, Antoine apporta dans le bureau de Robert les
sorties couleur des maquettes, la caisse remplie de livres et le
comparatif qu’il avait &#xe9;tabli. Pour chacune des collections
concurrentes, il pr&#xe9;senta au P-DG le format, le prix moyen, la charte
graphique, l’identit&#xe9; visuelle, la notori&#xe9;t&#xe9;, les niveaux de vente. Il
sortit ensuite de la chemise en carton les essais r&#xe9;alis&#xe9;s par
l’atelier Grimon, leur maquettiste habituel.&lt;br /&gt;&#xab; Ce n’est pas vraiment concluant… &#xbb;&lt;br /&gt;Antoine prit une mine contrite :&lt;br /&gt;&#xab;
Pas vraiment, non. Je crois qu’on a un r&#xe9;el probl&#xe8;me sur ces couv,
parce que c’est tr&#xe8;s difficile de faire original, de se d&#xe9;marquer, et
en m&#xea;me de rester dans l’identit&#xe9; polar. Si les lecteurs n’identifient
pas le genre, on est foutus.&lt;br /&gt;– Mais le format doit aider &#xe0;
construire la maquette. En le r&#xe9;duisant comme on va faire, et &#xe7;a je
crois que c’est une bonne id&#xe9;e, on ne peut pas se contenter de
reprendre les th&#xe8;mes de la collection telle qu’elle est maintenant. Il
faut en profiter pour faire compl&#xe8;tement neuf, et tant pis si on
n’identifie plus la maison, je pr&#xe9;f&#xe8;re jouer sur la nouveaut&#xe9;.&lt;br /&gt;– Oui,
mais attention, r&#xe9;agit Antoine, on a quand m&#xea;me une petite identit&#xe9; de
marque sur cette collection, et surtout on a des auteurs phares, et…&lt;br /&gt;– Oui, des auteurs plus qu’une reconnaissance d’&#xe9;diteur.&lt;br /&gt;– Peut-&#xea;tre, mais faut-il sacrifier cette notori&#xe9;t&#xe9;, m&#xea;me si elle est fragile ?&lt;br /&gt;–
Oui, sinon on n’arrivera jamais &#xe0; faire un vrai beau visuel de couv, il
ne faut pas s’embourber dans l’existant. Reparlez-en avec Grimon, qu’il
nous sorte des choses plus fortes graphiquement et plus originales,
avec une vraie identit&#xe9;, une vraie nouveaut&#xe9;. Et laissez-moi les
bouquins et votre comparatif, je vais regarder &#xe7;a de mon c&#xf4;t&#xe9;. &#xbb;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab;
On se tire une balle dans le pied ! C’est reparti pour des couv toutes
nouvelles, alors qu’il y a deux ans on &#xe9;tait cens&#xe9;s faire des couv qui
restent ! Comment flinguer une collection…&lt;br /&gt;– Mais Antoine, le coupa
Carine, l’id&#xe9;e de baisser le format &#xe9;tait bonne, commercialement je
veux dire, &#xe7;a se tient, surtout pour du polar.&lt;br /&gt;– Oui, mais j’aurais
d&#xfb; me m&#xe9;fier, me douter qu’ils allaient pas en rester l&#xe0;, et moi j’en
ai marre des changements de cap et aussi de bosser avec des gens qui
manquent d’imagination.&lt;br /&gt;– Attends, tu lui reproches &#xe0; la fois de vouloir tout changer et de manquer d’imagination.&lt;br /&gt;– Non, pas Robert, Grimon. Franchement, il se foule pas… Ils sont o&#xf9; les cr&#xe9;atifs ?&lt;br /&gt;–
Ah, &#xe7;a ! O&#xf9; sont les bons cr&#xe9;atifs, les vrais &#xe9;diteurs, les auteurs qui
vendent ? Les machines qui font du bon caf&#xe9;, les trains qui arrivent &#xe0;
l’heure ?&lt;br /&gt;– On va boire un caf&#xe9;, justement ? &#xbb;&lt;br /&gt;Catherine, la chef de fab, passa sa t&#xea;te par la porte &#xe0; ce moment pr&#xe9;cis.&lt;br /&gt;&#xab; Antoine, tu as le chiffre de tirage pour &lt;em&gt;La Folie du rubgy &lt;/em&gt;? C’est aujourd’hui la date limite.&lt;br /&gt;– OK, moi je retourne bosser, &#xe0; plus ! &#xbb; lan&#xe7;a Carine &#xe0; Antoine avec un clin d’œil amus&#xe9;.&lt;br /&gt;Il &#xe9;tait 16 h 30, c’&#xe9;tait vendredi, dans moins d’une heure la maison
serait vide. Carine pourrait enfin se plonger plus sereinement dans le
projet de biographie qu’elle avait lanc&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, Robert
rentra chez lui &#xe0; pied. Il n’acceptait que tr&#xe8;s rarement des
invitations &#xe0; d&#xee;ner, qu’elles soient professionnelles ou amicales. Il
aimait ce luxe de marcher tranquillement dans les rues de Paris, le nez
en l’air, et go&#xfb;tait ce privil&#xe8;ge d’homme c&#xe9;libataire de s’installer
tous les soirs &#xe0; une table r&#xe9;serv&#xe9;e dans sa brasserie pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9;e. Arriv&#xe9;
dans son immeuble, un bel &#xe9;difice hausmannien &#xe0; l’angle du boulevard,
il r&#xe9;cup&#xe9;rait son journal dans la bo&#xee;te aux lettres et partait aussit&#xf4;t
d&#xee;ner. En tat&#xf4;nnant au fond de la bo&#xee;te, il esp&#xe9;rait toujours sentir
sous ses doigts le papier granuleux d’une enveloppe portant une
&#xe9;criture manuscrite.&lt;br /&gt;Mais ce soir-l&#xe0;, il monta directement chez lui et ferma sa porte &#xe0; double tour.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 09 Jul 2006 13:16:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>